Archive de la catégorie ‘Anecdotes’

en mode furtif

Mercredi 1 septembre 2010

en mode furtif dans Anecdotes 690285497ada1b75b551

 

Me revoici pour une après-midi à écrire. J’ai été absent un long moment alors je vais essayer de rattraper tout ça. Avant de vous parler (enfin) du stage, je voulais vous parler de quelque chose qui m’arrive relativement assez souvent. Lors d’une première rencontre et parfois après bien d’autres, les gens ne se rendent pas compte que je suis bègue.

 

Il y a quelques semaines, j’ai fait à nouveau cette expérience avec une personne que je rencontrais pour la première fois.

 

Présentations puis l’on discute tranquillement. Pas de bégaiement (apparent). Je lui pose quelques questions pour savoir si elle saurait où je pourrai louer une salle. Peu à peu je lui dis que je suis responsable au niveau départemental d’une association. Je lui dis que c’est pour l’association parole-bégaiement … Ce à quoi elle me répond en me demandant pourquoi je m’occupais de ça   (Ben oui, ça, quelle idée de s’intéresser au bégaiement …) J’avais senti que mon bégaiement n’avait pas du tout été repéré. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres, je me tourne vers cette personne et lui dit « tout simplement parce que je suis concerné ». Elle me dit alors qu’elle ne l’avait pas remarqué, que cela ne se voyait pas etc ….

 

Une autre fois, je passe toute une soirée avec une trentaine de personnes dont je ne connaissais pas la moitié. La soirée se passe bien. Je sympathise notamment avec un couple et leurs 2 enfants. Le lendemain, on se retrouve pour manger ensemble. L’un des deux me demande ou j’habite. Et là … blocage. Bien sûr incompréhension de leur part et légère moquerie du genre « tu as oublié où tu habites ? » Je leur ai alors expliquer que j’avais du mal à parler par moments etc …

 

 Parfois je voudrais porter un t-shirt avec inscrit dessus, je suis bègue pour que les gens le sachent et que le problème soit réglé. Sauf que … bien souvent les gens ne savent pas ce qu’est vraiment le bégaiement et y associe beaucoup de préjugés. Donc ça ne résoudrait pas le problème. 

 

double peine

Dimanche 4 juillet 2010

Le bégaiement est un handicap (je reviendrais prochainement sur cette notion de handicap) particulier puisqu’il varie suivant beaucoup de choses. Le contexte peut avoir une grande incidence.

Il y a des cercles vicieux autour du bégaiement. J’en nommerai deux ici.

Comme je le disais dans un article précédent, parler me fatigue. Plus je vais être fatigué, plus je vais bégayer. (Je simplifie, c’est un peu plus compliqué que ça) Plus je vais bégayer plus je vais vouloir contrôler, réfléchir à ce que je vais dire. Je vais fournir un effort plus important qui va donc me fatiguer et me faire davantage bégayer et ainsi de suite …

Le second cercle est celui du moral.

Quand je n’ai pas le moral, que je suis pas bien, que je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle, je vais bégayer.

Ce bégaiement va à nouveau influencer mon moral.  

Quand j’ai des soucis plus on moins grave, je les garde en général pour moi. J’arrive à encaisser. En parler est dur puisque dans ce cas là je bégaierai. Pas grave me direz-vous mais dans ces situations mon bégaiement peut prendre la forme de véritables blocages. J’ai tendance à bien me connaître et donc éviter de parler. J’arrive maintenant peu à peu à me libérer de cette emprise du bégaiement et à me confier.  »Long est le chemin » comme dirait l’autre.

Ce qui me gêne vraiment c’est quand une personne proche me confie ces soucis, que je vais compatir, et donc bloquer.

Tous les mots que je voudraient dire pour le réconforter ne sortiront pas. Là aussi une fois de plus je ne peux être moi même. mais j’avance, je progresse. Ce sont des situations que peu à peu je maîtrise. je prends mon temps, je fais souvent le deuil de ne pas avoir pu parler comme je l’aurais voulu.

Combien de cercles infinis qui tournoient ainsi sans discontinuer sur eux mêmes et qui allongent ma peine ?

Ces deux cercles vicieux pourraient être une mauvaise chose. Mais ce sont des cercles et si un événement déclenche l’un alors l’autre aura une incidence sur l’un. En ce qui concerne le moral, il suffit donc de l’améliorer pour moins bégayer ce qui rendra meilleur le moral et ainsi de suite …

Mais comment améliorer le moral ? Tout simplement en profitant des choses simples. Prendre le temps d’observer, sourire quand on voit un couple d’amoureux se tenir la main, écouter le chant d’un oiseau, appeler un ami …

Toutes ces petites choses, tout ces petits bonheurs, ces petits plaisirs qui ne sont rien mais qui sont tellement …

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soyons nous mêmes

Dimanche 4 juillet 2010

Il s’en passe des choses. De rencontres en échanges, de partage en témoignage, chaque jour m’étonne un peu plus et m’émerveille davantage. Je suis monté à la capitale il y a quelques jours pour assister à une réunion de l’APB. 

Cela fait très bizarre (et beaucoup plaisir) de voir tant de personnes (on était une vingtaine) rassemblées autour du bégaiement, en discutant et s’organisant pour faire avancer les choses.

 Nous avons discuté de beaucoup de choses et le thème pour la jmb (journée mondiale du bégaiement) a été choisi. 

Soyons-nous mêmes. Parlons-en.

Ce thème me tient beaucoup à coeur puisqu’il est à l’image de mon chemin personnel notamment depuis quelque mois.

Peu à peu j’ai discuté avec des personnes proches de ce « mal qui me ronge chaque jour ». Souvent les personnes sont étonnés, déjà de savoir que je suis bègue ensuite de ce qui peut se passer dedans.

Etonnés de savoir que je suis bègue car je suis loin de la caricature faite habituellement du pauvre type qui répète désespérément les mêmes syllabes.

Etonnés de savoir comment cela peut me gêner. S’ils savaient tous les efforts que je fais, toutes les respirations, les moments où je me retiens de parler de peur de mal parler, s’ils connaissaient ma lutte incessante … emoticone

Ça me fait du bien de pouvoir dire ce que je ressens, leur avouer ce qui à leurs yeux étaient caché.

Le bégaiement est une toile dans laquelle je me dépêtre et même si j’arrive à bien le maîtriser, il est encore une gêne qui m’empêche d’être naturel, qui bloque ma spontanéité. Peu à peu la toile se détend, je deviens celui que je suis. Et vraiment, j’aime ça emoticone

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c’est bon pour le moral

Mercredi 23 juin 2010

Je vais pas vous raconter ma vie à chaque fois qu’il m’arrive un truc mais ce qui vient de m’arriver rejoint les articles précédents et mon angoisse de ne pas réussir à donner l’alerte.

6h35 je suis au travail. Mon collègue s’est absenté pour fumer. Le téléphone sonne.

 » Bonjour ici la société S. de Bordeaux, nous venons d’avoir une alarme en provenance de votre site. Nous n’arrivons pas à joindre le poste de garde … (La boite ou je bosse est surveillée par une personne qui se trouve dans le poste de garde. En cas de souci, une alarme sonne à plus de 200 km et on est ensuite prévenu. Pourquoi faire simple ? emoticone)

 Je lui dis que j’envoie mon collègue voir et que je le rappelle.

Je vais donc voir mon collègue qui fumait tranquillement sa clope.

Il revient quelques minutes après et me dit que tout va bien que c’était un exercice.

Je rappelle la personne. Je me présente, lui dit qu’il m’avait appelé il y a quelques minutes, que mon collègue a été voir et que tout va bien. 

Donc voilà rien de bien exceptionnel mais des moments comme ça où la situation est un peu particulière et où en plus j’ai beaucoup de fatigue, des moments où je gère, c’est vraiment bon pour le moral. 

En quelques minutes j’ai eu trois messages à faire passer. Je les ai fait passer sans user de techniques d’évitement et en utilisant les mots que je voulais. J’ai accroché sur certains mots mais c’était vraiment sans importance. Si j’ai réussi dans une situation comme celle-là avec un manque de sommeil, je me dis que je suis vraiment sur la bonne voie Sourire

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